L'Etre humain face à la mort

L'Etre humain face à la mort

 

D'une manière générale l'homme n'aime pasqu'on lui parle de la mort.

Nous croyons que toute vérité est bonne à connaître et à contempler en face,

persuadés que l'homme ne gagne rien à se cacher hypocritementà lui-même les

conditions de sa propre existence.Moïse l'avait compris. C'est pourquoi il pouvait dire

dans sa remarquable prière : Seigneur,...enseigne-nous à bien compter nos jours, afin

 quenous appliquions notre coeur à la sagesse. » (Ps.90 v12)

C'est donc pour mieux vivre que nous parlerons de la mort, c'est pour ne plus être

 préoccupés par elle que nous y penserons sérieusement aujourd'hui afin d'être prêts, et

 de vivre pleinementet en paix le temps qu'il nous reste à passer ici-bas.

UNE CERTITUDE POUR TOUS Ni l'excellente santé, ni la jeunesse dont nous jouissons

 aujourd'hui encore, ne nous promettent un lendemain sous le soleil, rien ne nous assure

 que l'heure dernière ne va pas sonner pour nous, et qu'à côté de notre date de

 naissance ne s'ajoutera pas une seconde et dernière date, celle de notre mort.

Sans nous consulter, désirée ou haïe, la mort accomplit sa mission.

Dès l'apparition de la vie, commence la peur de la mort. L'homme sait qu'il doit mourir,

 mais ignorant lejour et l'heure de ce terrible rendez-vous, sa mort,la mort des autres, il

 les vit à l'avance. Nous mourons en vivant, nous vivons en mourant.

Nous n'allons pas lentement ou rapidement vers l'éternité, comme un navire Parti d'un

port s'avancerait sur l'océan. Dès notre premier souffle nous sommes déjà sur la ligne

d'horizon et nous longeons à tout instant les rives de l'Éternité.Jeunes ou âgés, malades

ou bien portants, tous peuvent dire avec le roi David : « En vérité, il n'y a qu'un pas

entre moi et la mort. » (I Samuel 20v3) Vérité atroce ! Thème poignant ! lieu

communsans doute, mais qui nous atteint tous au vif de l'âme. On voudrait oublier ce

 destin tragique, pour ne plus penser qu'à la vie ! Et c'est justement la vie qui chaque

 jour ramène à la mort ! Dès le matin, en ouvrant son journal, criminelle,accidentelle,

 naturelle ou sénile, la mort s'étale sous nos yeux. On sort alors pour se rendre à ses

 affaires, pourse laisser entièrement absorber par les choses de la vie, et, dans la rue,

on croise un convoi funèbre.Sans paroles, il rappelle à l'âme ce que jadis proclamait Job

au sujet de la destinée de l'homme : Qui lui dira en face sa voie ?... Il sera conduitdans

un sépulcre... et après lui tout homme suit àla file, et ceux qui l'ont précédé sont sans

nombre.» (Job 21.31-33) LE TÉMOIGNAGEDES ÉCRITURES Ce n'est pas dans le récit de la

création que nous voyons apparaître la mort. Là, tout est harmonie,fraîcheur, vie et

 beauté.L'histoire de la mort ne commence qu'avec celle de l'homme.La mort apparaît,

 en effet, à partir du moment où Dieu, ayant instruit Ses créatures, les laisse à leur

initiative. L'homme, par sa désobéissance, se révolte contre Dieu et se voit soudain

séparé de la source de la vie.(Genèse 3 v22) Dès lors, la nature de l'homme se modifie

 profondément : La vie spirituelle est enrayée, la vie physique est limitée. Le contact

rompu entre Dieu et Sa créature nesaurait donc être rétabli par l'effort de l'homme. En

 conséquence, la vie s'épuisera dans l'homme et il perdra jusqu'à la connaissance de

 Dieu. C'est la mort spirituelle. Par contre-coup, la vie animale envahira l'homme. Et,

 tant par les excès et les passions de cette viemême, que par l'usure produite par le

travail, la maladie et la souffrance, la vitalité de l'organismes'épuisera à son tour.

C'est la mort physique.Quatre mots suffisent à Paul pour définir la mort :

« LE SALAIRE DU PÉCHÉ ». (Rom. 6 v23) Ailleurs, il résumera en ces termes

toutl'enseignement biblique sur ce sujet : « Par un seulhomme, le péché est entré dans

le monde, et par lepéché, la mort. Ainsi, la mort s'est étendue à tous les hommes,

 parce que tous ont péché... »(Rom.5 v12) LA VÉRITÉ EST EN JÉSUS Par l'Évangile et le

témoignage des apôtres, nous savons en effet que Jésus-Christ, a vaincu la mort parce

 qu'il était la vie impérissable. En venant ici-bas, Il n'a pas cherché à nous expliquer le

phénomène de la mort. Il fit mieux et plus. Il vint pour « détruire la mort et faire luire

laVie et l'incorruptibilité par l'Évangile ». (ITimothée 1 v10) Il ne parla pas seulement de

 la mort, Il voulut la vivre, l'expérimenter aux yeux des hommes, dansla pleine

possession de ses moyens. Il ne choisit pas la mort la plus douce, la plus belle, mais la

plus cruelle, la plus atroce, la plusignominieuse, celle de la Croix. Ayant « tout

accompli », dans un grand cri Il rendit l'esprit.(Matth. 27 v50) Son corps couvert de

blessures etde meurtrissures fut déposé dans un sépulcre. Tout semblait bien fini,

quand, au matin de Pâques, la nouvelle fulgurante de Sa résurrection courut de bouche

en bouche dans le cercle des disciples. Le tombeau était vide et Jésus réellement

ressuscité apparut aux siens,permettant à Thomas de mettre son doigt dans les plaies

 de Ses mains et sa main dans Son côté percé ! (Jean 20 v27) Cette mort de Jésus-Christ

 et Sa résurrection,voilà LES FAITS qui modifient totalement le problème qui nous

 occupe. L'homme qui, comme Thomas, a vu fondre son scepticisme, le chrétien qui,

 cessant de lutter,s'abandonne dans une foi totale à son Seigneur et à son Dieu, savent

 désormais qu'au moment de la mort, douce ou violente, accidentelle ou naturelle,ils ne

 seront pas seuls, mais accompagnés,soutenus, fortifiés par Celui qui a mis en

évidencela vie et l'incorruptibilité en sortant du tombeau.Désormais la mort peut

 effrayer encore leur sensibilité : elle ne saurait plus terrasser leur âme,ni troubler leur

coeur. Ils savent que la mort n'est pas la fin de tout, qu'elle n'est pas toute puissante,et

 ne saurait garder à toujours ses captifs.À l'inquiétude humaine Jésus vient répondre

 ences termes ineffables : «Je suis la résurrection et lavie. Celui qui croit en moi vivra,

 quand même ilserait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra point à jamais

». (Jean 11 v25-26)

Que votre coeur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez

aussi en moi. Dans la Maison de mon Père, il y a plusieurs demeures, et je vais

vouspréparer une place. S'il en était autrement, je vousl'aurais dit. Et lorsque je m'en

serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et jevous prendrai avec

moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. » (Jean 14 v1-3) Et encore :

« Ne crains point ! Je suis le premier et le dernier, et levivant. J'étais mort ; et voici je

suis vivant auxsiècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et duséjour des morts !

» (Apoc. 1 v17-18)

QUELLE ATTITUDE A DOPTERDEVANT LA MORT?

Comme l'a dit Ch. Favez : «I1 n'existe que deux attitudes raisonnées face à la mort :

ou celle des païens d'autrefois et des incroyants de notre siècle,ou celle des chrétiens

 de tous les temps. Les premiers vont au-devant de cette formidable inconnue avec le

seul et fragile flambeau de la raison humaine. Mais cette raison, si admirables que

 soient ses conquêtes dans le domaine des choses terrestres, est douloureusement

 incapable de projeter la moindre lumière dans les ténèbres de la tombe, incapable de

donner la moindre assurance àce terrible moment. »Sans révélation, l'homme est seul.

 Cette solitude morale, le chrétien ne la connaît pas. Il a Jésus, le vainqueur de la mort,

 qui l'entoure de Son ineffable présence. Conscient des limites de sa raisonhumaine, en

même temps que de son intime misèreet de son péché, il a mis chaque jour son

 espéranceen Jésus-Christ. C'est pourquoi, à l'heure d'expirer,il peut répéter avec

 assurance : « Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien...

Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es

 avec moi... » (Ps.23) Vous me direz peut-être: « Je suis un incrédule, et pourtant la

 mort ne m'effraie point! »En êtes-vous si sûr? De loin, il est toujours facile d'auréoler la

 mort, mais, comme l'a dit G. Frommel: « Quand l'heure est venue de mourir, quand les

 terreurs et les hoquets de l'agonie vous prennent à la gorge, toutes les chimères et

 toutes les résolutions s'enfuient. La mort n'est plus à ce moment le reposfinal que l'on

 croyait, mais une lutte redoutable... et la révolte du coeur qui se débat contre cette

 dissolution fait oublier l'acquiescement qu'y avait donné la raison. » « Et cette lutte,

 fait remarquer le professeur Favez,n'est pas seulement physique : elle se complique

 d'une lutte morale : il arrive souvent que la conscience s'éveille alors et que,

 recouvrant le sentiment d'une responsabilité trop longtemps oubliée, la créature

 redoute de rencontrer le Créateur en qui elle pressent un juge. Où trouver quelque

 assurance? Hélas ! ni dans lesraisonnements de l'intelligence, ni même dans l'affection

 des êtres chers assis, impuissants auchevet du mourant : il faut sans appui

 extérieur,descendre seul, dans le gouffre qui s'ouvre,inexorable. » Oui, contrairement à

 ce qu'a dit Montaigne, cen'est pas seulement « le mourir » qui est la cause de toutes les

 craintes, mais bien la mort elle-même, etplus encore ce qui peut la suivre.

«Après la mort, vient le jugement. »(Heb.9 v27) Quoi qu'on en dise, ce que l'homme

redoute dans la mort, ce n'est pas « le mourir », c'est le fait d'être définitivement jugé.

 Et si l'homme craint le jugement, c'est bienparce qu'il se sait pécheur; ni ses titres, ni

ses bonnes oeuvres ne lui donnent de l'assurance pour paraître devant Dieu.

LE PÉCHÉ. voilà bien, en définitive, «l'aiguillon de la mort ». (I Cor. 15 v56) S'il en est

 ainsi, pourquoi donc refuser obstinément le seul remède efficace contre les terreurs de

 la mort : la foi en l'Évangile, la réconciliation de l'homme avec Dieu, accomplie par

 Jésus-Christ dans l'oeuvre rédemptrice de laCroix? Tout dans la Personne et l'oeuvre du

 Rédempteur répond aux besoins de notre conscience et de notre coeur.Jésus-Christ est

 « l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » ! (Jean 1 v29) En Lui, dans Savie et

 dans Sa mort, fut manifestée la justice d'un Dieu Saint et l'Amour infini d'un Père qui

 veut faire grâce et pardonner à Ses créatures. Les péchés qui m'accablent, Jésus les

 prend sur Lui.La loi qui me condamne, Jésus la subit pourmoi.Le jugement qui devait

 m'atteindre, I1 les souffre à ma place.La mort qui m'effraie, Il la goûte avant moi,pour

 expier mes fautes et me frayer un chemin par delà le tombeau. En mourant pour le

 péché du monde, Jésus a ôté à la mort son terrible aiguillon. En sortant victorieux du

 sépulcre, Il nous a délivrés des terreurs de la fosse, si bien que Paul s'écrie, anticipant

 notre propre résurrection,dont celle de Christ est le gage : « La mort a été engloutie en

 victoire. Ô mort,où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon ?»(I Cor. 15 v54-55)

 L'INVITATION SUPRÊME Pourquoi donc persister à refuser l'invitation toujours actuelle

 du Sauveur? Pourquoi ne pascroire Ses paroles infaillibles : Venez à moi, vous tous qui

 êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et

 recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du

 repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger. » (Matth. 11 v28-30)

 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croit à Celui qui

 m'aenvoyé, a la vie éternelle et ne vient point enjugement mais il est passé de la mort

 à la vie. »(Jean 5 v24) Celui qui croit au Christ et obéit à Ses commandements,fait

 alors l'expérience merveilleuse de Paul. La mort ne le préoccupe plus. Il ne la redoute

plus. Il appartient à Dieu et,dès ici-bas, il vit pour Dieu. Doit-il désirer prolonger son

séjour sur la terre, doit-il souhaiter la mort ? Il n'en sait rien. Il ne choisit pas, mais s'en

 remet à Dieu, pouvant dire à son tour : « Pour moi vivre, c'est Christ ; et mourir, un

gain. Mais s'il est utile pour mon oeuvre que je vive dans la chair, jene saurais dire ce

que je dois préférer. Je suis pressé des deux côtés : j'ai le désir de m'en aller et d'être

avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur; mais à cause de vous, il est plus

nécessaire que je demeure dans la chair. » (Phil. 1 v21-24) Pour le chrétien, la vie n'est

pas absurde et la mort n'est point le gouffre inconnu et redouté, la gueule affreuse d'un

monstre vorace, mais la voie la plus courte, la monture la plus sûre qui mène aux

 réalitésinvisibles et éternelles, aux aimables demeures de la Maison du Père. Et ce

 dernier voyage, il ne le fait pas seul. Ayant dans sa vie marché avec le Christ, lorsqu'il

 arrive sur les bords du grand fleuve il entend le Maître luidire doucement : « Passons à

l'autre rive ». Et quand ils abordent, les portails éternels s'ouvrent pour laisser entrer le

 Christ vainqueur avec l'âme qu'Il a rachetée. Pour lui s'est pleinement réalisé la

promesse deJésus : « Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera point la mort ». (Jean

 8 v51) Il n'en est pas ainsi de l'incrédule qui meurt dans son péché. Lui voit la mort le

 dépouiller de son corps, de ses membres qu'il employait à satisfaireses désirs et ses

 passions. Il voit la mort le conduire dans un lieu où nul n'obéit plus à ses volontés.

 CONCLUSION quelle sera votre mort'?Il ne suffit pas seulement de mourir

courageusement à la manière d'un Socrate, d'un Sénèque, d'un Pétrone ou même d'un Robespierre. Il s'agit de mourir dans la joie et le repos du coeur,dans la paix d'une

conscience pardonnée.C'est dans notre vie, c'est maintenant qu'il faut choisir.L'attitude

de l'homme en face de la mort dépendra donc, en dernière analyse, de sa position à

l'égard de Jésus-Christ.Acceptons-nous pour mourir dans la certitude du pardon et de la

vie éternelle, la Révélation que le Christ, « Lumière du monde », apporte au brigand

repenti ou, refusant de reconnaître notre misère et nos péchés, mourrons-nous dans le

doute, la révolte et la haine? Toutes choses sont à vous, s'écrie Paul, soitle monde, soit

 la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir : toutes choses

sont à vous, et vous à Christ et Christ à Dieu. » (ICor.3 v22-23)

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