Histoire de l'Inquisition espagnole

Histoire de  l'Inquisition espagnole

En 1479, alors que l’Inquisition médiévale vit ses dernières heures, Ferdinand V et Isabelle la Catholique fondent l’Inquisition espagnole. Cet acte de naissance illustre la particularité de cette institution : elle est sous le contrôle de l’Etat et non du Saint-Siège, même si celui-ci a donné son accord. Le contexte de la Reconquista donne également des objectifs bien précis, orientés contre les minorités religieuses que sont les juifs et les musulmans.

L’Inquisition doit participer à la conversion de force et l’expulsion de ces minorités, puis vérifier la validité de la foi des reconvertis. Cette politique est illustrée par l'expulsion des juifs en 1492. L’Inquisition est l’arme de l’épuration religieuse, qui se traduit par la " Limpieza de sangre" (pureté du sang), ensemble de mesures qui vise à écarter les non chrétiens des postes stratégiques.

Le premier inquisiteur, Thomas de Torquemada, agit avec violence et brûle deux milles personnes en l’espace de quinze ans, provoquant la réprobation du Saint-Siège. Mais son pouvoir s’étend rapidement à la condamnation des sorcières, de la magie… A partir de 1529, l’Inquisition a une autre mission : la lutte contre les protestants. Grâce à cette institution, l’Espagne résistera à la Réforme et restera fermement catholique.

Usant de la torture, faisant peser une véritable chape religieuse et culturelle sur le pays, hanté par la figure cruelle de Torquemada, l’Inquisition espagnole perdure pendant plusieurs siècles. En effet, si l’Inquisition médiévale a été repoussée au bénéfice des instruments de contrôle et de justice d’Etat, l’Inquisition espagnole, en tant que bras de l’Etat, n’a pas ce problème. Moyen de préserver les traditions, elle reste ainsi en place jusqu’à la conquête napoléonienne. Rétablie en 1823, elle ne sera supprimée définitivement qu’en 1834.

1478
 

Sixte IV autorise la désignation d'inquisiteurs espagnols


Le pape Sixte IV autorise le roi d’Espagne Ferdinand V et la reine Isabelle le Catholique à instituer dans leur pays une Inquisition dépendant de la Monarchie. Après la Reconquista, le but est de débusquer et de condamner les marranes (juifs convertis) qui continuent à pratiquer leurs rituels juifs en cachette. En 1492, débutera la répression contre les juifs espagnols.
Voir aussi : Dossier histoire de la Reconquista - Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Juifs - Ferdinand V - Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Année 1478

   
1480
17 septembre

Premiers inquisiteurs espagnols


Le roi Ferdinand V choisit les premiers inquisiteurs espagnols et les envoie en mission à Séville. Ceux-ci doivent alors chercher et condamner les hérétiques marranes qui ont fomenté une insurrection. Les premiers bûchers et actes de torture se mettent en place.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Le 17 Septembre - Année 1480

   
1482
11 février

Torquemada inquisiteur


Le roi Ferdinand V nomme de nouveaux inquisiteurs chargés d’éradiquer l’hérésie dans le territoire espagnol. Parmi eux, figure le futur inquisiteur général, Tomas de Torquemada. Symbole du fanatisme religieux et de la violence de l’Inquisition espagnole, il a une grande responsabilité dans la généralisation de la torture et des bûchers. Les jugements de l’Inquisition prennent alors le nom d’Autos da fe (acte de foi). Soucieuse de se débarrasser des minorités religieuses, l’Espagne s’engage avec l’Inquisition dans la "Limpieza de sangre", la pureté du sang. Celle-ci consiste à écarter du pouvoir des personnes qui se sont récemment converties au christianisme.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Torture - Ferdinand V - Limpieza de sangre- Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Le 11 Février - Année 1482

   
1492
31 mars

Expulsion des juifs d'Espagne


Galvanisés par leur succès sur les Maures qu'ils ont réussi à bouter hors d'Espagne, les rois catholiques espagnols, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, décident de faire expulser tous les juifs du royaume au nom de l'unité religieuse. L’Inquisition espagnole, mise en place quelques années plus tôt, permet de pourchasser les juifs qui refusent l'exil ou la conversion au catholicisme. L'exode de milliers de juifs espagnols dans le bassin méditerranéen crée une diaspora séfarade qui parlera pendant plusieurs siècles la langue espagnole du XVème.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Juifs - Aragon - Castille - Expulsion - Histoire du Judaïsme - Histoire de l'Espagne - Le 31 Mars - Année 1492

   
1501
 

Les Maures expulsés de Grenade


Après s’être attaqué aux juifs, le royaume d’Espagne décide d’appliquer la même politique aux musulmans, à savoir la conversion ou l’expulsion. Là encore, l’Inquisition joue un rôle primordial dans ce processus de purification religieuse.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Année 1501

   
1535
 

L'Inquisition met en place les certificats de "propreté du sang"


Dans la continuité de la politique "Limpieza de sangre", l’Espagne met en place les certificats de propreté du sang, politique que Charles Quint parvient à faire admettre au pape Paul III. Ces certificats ont pour fonction de démontrer que la personne est bien de sang chrétien, c’est-à-dire que lui ou sa famille ne se sont pas convertis récemment. Cette mesure participe à la lutte contre les hérétiques dirigée par l’Espagne et son Inquisition depuis la Reconquista.
Voir aussi : Charles Quint - Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Paul III - Limpieza de sangre - Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Année 1535

   
1808
 

Joseph Bonaparte abolit l'Inquisition


Lorsque Joseph Bonaparte monte sur le trône d’Espagne, il décide d’abolir l’Inquisition espagnole. Celle-ci sera rétablie en 1813.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Joseph Bonaparte - Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Année 1808

   
1834
 

Abolition définitive de l'Inquisition espagnole


Après avoir maintenu pendant trois siècles et demi la société espagnole dans une véritable chape culturelle, l’Inquisition est supprimée par le gouvernement de la régente Marie-Christine. L’arrivée au pouvoir de Joseph Bonaparte, sous le nom de Bonaparte Ier, avait déjà permis une pause entre 1808 et 1813.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Joseph Bonaparte - Histoire de l'Art- Année 1834 


   
Même sur les religieux sont susceptibles d'être arrêtés, incarcérés, soumis à la question, voire promis au bucher.
C'est surtout le cas des "allumbrados" ou "illuminés", ceux qui affirment avoir des "visions" de la Vierge, de saint(e)s, entendent des voix etc qui d'emblée génèrent la suspicion des inquisiteurs. La aussi on les suivra, rassemblera des témoignages sur leurs affirmations et la teneur de celles-ci. Si elles sont en accords avec les préceptyes de l'église, pas de problème, les voies vers la béatification pourraient même être ouverte.A cet égard, il est intéressant de savoir que même les deux premiers saints du Pérou avant d'accéder à cette dignité, furent l'objet d'enquête des inquisiteurs. Toute fois ceux-ci estimèrent qu'il n'y avait pas lieu de les arrêter, ni de mettre leurs affirmation en jugement.

Ceci dit, ce sont souvent des dénonciations qui sont à la base des enquêtes, voire de l'arrestation immédiate des incriminés. Ensuite on interrogera la personne soupçonnée. Interrogatoire qui visait à établir la culpabilité de l'inculpé et la reconnaissance de la ou des fautes par celui ou celle-ci, et son amende volontaire avec son retour aux normes catholiques après la dénonciation de ses "errements" et de ceux qui l'ont entrainé sur cette voie contraire aux préceptes catholiques.

Au cas où l'accusé ne reconnaissait pas ses fautes, on le passait à "la question", autrement dit interrogatoire sous la torture pour lui faire avouer ses crimes, voire identifier l'action du "malin" (le diable ou ses démons).
Pour se faire, les méthode étaient multiples. Mais celles-ci voulaient éviter que lors de ces séances de douleurs poussées à leur paroxysme, le sang ne coule pas et le "questionné" ne trépasse pas d'avantage. Il fallait lui donner l'impression qu'il allait mourir, noyé, étouffé, garotté ou de douleur, mais éviter que cela n'arrive. Ce ne fut pas toujours possible, plusieurs suspects rendirent l'âme en plein interrogatoire.



Ceci dit, lorsque l'accusé était considéré coupable avec la circonstance aggravante, qu'il ne faisait point amende et ne marquait aucun nrepentir des fautes qui lui étaient imputée, la charge de faire couler le sang ou de lui oter la vie était transférée (sans possibilité de revision) à une exécution par des instances gouvernementales.

Au Pérou

l'inquisition commença en 1570, ordonnée un an plus tôt par le roi d'Espagne Philippe II.
Le Vice-Roi Francisco de Toledo Et le Vice-Roi du Pérou, Francisco de Toledo,est prié de pourvoir les inquisiteurs envoyés d'Espagne de locaux adéquats.
En 1578, elle s'installe sur un des côtés de la Place Bolivar, mais sera connue en cette époque surtout comme la place de l'inquisition.
Entre 1573 et 1639 furent jugés au tribunal de l'inquisition de Lima des ressortissants d'origine : française, flamande, anglaise, portugaise et espagnole, comme :
Mathieu Salad,  Français "judaïsant"
Jean (ou Johan) Bernal, Flamand "luthérien",
Walther Tiller, Anglais "luthérien",
Jorge Nuñez, Portugais "judaïsant",
ou Pedro de Contreras, Espagnol "judaïsant".
Entre 1634 et 1636 des juifs controlaient une bonne partie du commerce à Lima, malgré la vigilance de l'église, de l'Espagne et de la Vice-Royauté du Pérou qui affirmait que nombre de ceux-ci arrivaient par voie de terre des pays voisins voire relativement éloignés comme l'Argentine avec les ports de Buenos Aires ou autres vénézuéliens et autres.

L'inquisition accentua son action contre juifs et "judaïsants" et sur cette seule période il y eu 74 procès qui donnèrent onze condamnations au bucher. Celles-ci étaient appelées des "relajaciones" ou "relaxation". Cette relaxe, les faisaient passer des geoles de l'inquisition au pouvoir publique qui procèderont alors à la condamnation à mort et la mise au bucher.

Les biens saisis alimentaient les caisses de la couronne d'Espagne et de l'inquisition ou de l'église.
De très grandes fortunes furent ainsi englouties, car les biens saisis étaient souvent ceux du condamné et par extension de sa famille directe. Et il y eut d'ailleurs une certaine propension à s'assurer que l'hérésie soit tout à fait purifiée des secteurs les plus riches, le rapport pouvant être extrêmement profitable lorsque l'on pouvait trouver motif à saisie.

Normalement l'inquisition ne s'occupait pas des "indiens", considérés comme incultes, "barbares" insolvables (leurs biens étant devenus propriété de l'Espagne et des Espagnols), récemment contactés et en processus d'apprentissage de la foi catholique.
Et ce, même si certains Espagnols ou créoles finissaient par intéresser l'inquisition en raison de leur rapprochement de certaines pratiques "païennes" indiennes, notamment le recours à certains sorciers ou Shaman pour des retours d'affection, ou des ensorcellement pour motifs amoureux ou élimination de concurrents.

Ce qui ne veut pas duire que ceux-ci vivaient paisiblement et ne souffrait point d'incarcération, torture ou mise à mort.
Mais ceci était le plus souvent le fait de civiles, d'hacenderos, de militaires, de tribunaux civiles.

L'inquisition ne fut abolie définitivement au Pérou qu'en 1820, époque où se manifestait déjà de manière tangible une volonté indépendantiste qui se concrétisera un an plus tard par la déclaration d'indépendance du Pérou par José de San Martin.
 

L'inquisition fut créée vers 1199 par le pape Innocent III. Elle visait à contrer le valdisme, le catharisme, le protestantisme, le judaïsme enfin tout ce qui n'était pas catholique (sans jeu de mot). L'ordre des dominicains fut principalement à charge de son développement.

Vers 1478 sous le règne de Fernand d'Aragon et Isabelle de Castille et avec l'aval du Pape Sixte le quatrième, fut créé le Conseil Suprême de l' inquisition espagnole et de ses colonies.

Sa fonction visait à détecter les crimes contre la foi, la religion, la couronne d'Espagne et le Saint Office (incluant l'entrave à la justice inquisitrice), la morale et les bonnes moeurs (dont la bigamie ou les propositions sexuelles à/de religieux à ou/de religieuses) ou l'ordre public, les pratiques de sorcellerie (ou le recours à elles), la possession, le trafic vente et lecture d'oeuvres hérétiques, sataniques, immorales, impudiques, subversives etc.

Lorsque quelqu'un était soupçonné (ou dénoncé, ce qui était le plus fréquent) d'un crime repris dans la liste ci-dessus, les éléments étayant ces soupçons étaient rassemblés et présentés à un premier conseil qui décidait de la gravité du cas et de la nécessité de procéder à l'arrestation du suspect, la mise sous séquestre de ses biens et à son interrogatoire.

     

En 1479, alors que l'Inquisition médiévale vit ses dernières heures, Ferdinand V et Isabelle la Catholique fondent l’Inquisition espagnole. Cet acte de naissance illustre la particularité de cette institution : elle est sous le contrôle de l’Etat et non du Saint-Siège, même si celui-ci a donné son accord. Le contexte de la Reconquista donne également des objectifs bien précis, orientés contre les minorités religieuses que sont les juifs et les musulmans.

L’Inquisition doit participer à la conversion de force et l’expulsion de ces minorités, puis vérifier la validité de la foi des reconvertis. Cette politique est illustrée par l'espulsion des juifs en 1492 . L’Inquisition est l’arme de l’épuration religieuse, qui se traduit par la "Limpieza de sangre"  (pureté du sang), ensemble de mesures qui vise à écarter les non chrétiens des postes stratégiques.

Le premier inquisiteur, Thomas de Torquemada, agit avec violence et brûle deux milles personnes en l’espace de quinze ans, provoquant la réprobation du Saint-Siège. Mais son pouvoir s’étend rapidement à la condamnation des sorcières, de la magie… A partir de 1529, l’Inquisition a une autre mission : la lutte contre les protestants. Grâce à cette institution, l’Espagne résistera à la Réforme et restera fermement catholique.

Usant de la torture, faisant peser une véritable chape religieuse et culturelle sur le pays, hanté par la figure cruelle de Torquemada, l’Inquisition espagnole perdure pendant plusieurs siècles. En effet, si l’Inquisition médiévale a été repoussée au bénéfice des instruments de contrôle et de justice d’Etat, l’Inquisition espagnole, en tant que bras de l’Etat, n’a pas ce problème. Moyen de préserver les traditions, elle reste ainsi en place jusqu’à la conquête napoléonienne. Rétablie en 1823, elle ne sera supprimée définitivement qu’en 1834.


1478
 

Sixte IV autorise la désignation d'inquisiteurs espagnols


Le pape Sixte IV autorise le roi d’Espagne Ferdinand V et la reine Isabelle le Catholique à instituer dans leur pays une Inquisition dépendant de la Monarchie. Après la Reconquista, le but est de débusquer et de condamner les marranes (juifs convertis) qui continuent à pratiquer leurs rituels juifs en cachette. En 1492, débutera la répression contre les juifs espagnols.
Voir aussi : Dossier histoire de la Reconquista - Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Juifs - Ferdinand V - Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Année 1478

   
1480
17 septembre

Premiers inquisiteurs espagnols


Le roi Ferdinand V choisit les premiers inquisiteurs espagnols et les envoie en mission à Séville. Ceux-ci doivent alors chercher et condamner les hérétiques marranes qui ont fomenté une insurrection. Les premiers bûchers et actes de torture se mettent en place.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Le 17 Septembre - Année 1480

   
1482
11 février

Torquemada inquisiteur


Le roi Ferdinand V nomme de nouveaux inquisiteurs chargés d’éradiquer l’hérésie dans le territoire espagnol. Parmi eux, figure le futur inquisiteur général, Tomas de Torquemada. Symbole du fanatisme religieux et de la violence de l’Inquisition espagnole, il a une grande responsabilité dans la généralisation de la torture et des bûchers. Les jugements de l’Inquisition prennent alors le nom d’Autos da fe (acte de foi). Soucieuse de se débarrasser des minorités religieuses, l’Espagne s’engage avec l’Inquisition dans la "Limpieza de sangre", la pureté du sang. Celle-ci consiste à écarter du pouvoir des personnes qui se sont récemment converties au christianisme.
Voir aussi : Dossier histoire de l' Inquisition espagnole - Torture - Ferdinand V - Limpieza de sangre- Histoire de la Chrétienté - Histoire de l'Espagne - Le 11 Février - Année 1482

   
1492
31 mars

Expulsion des juifs d'Espagne


Galvanisés par leur succès sur les Maures qu'ils ont réussi à bouter hors d'Espagne, les rois catholiques espagnols, Isabelle de Castille et Ferdinand d'

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